Comme toujours, ma vie n'est que succession de mauvaises nouvelles. Pour la énième fois, je me lève ce matin avec un rêve étrange qui restera dans mes pensées tout le long de la journée. Ma mère déjà partit à sont travail, je me trouvai donc seule, comme toujours, dans cette immense maison qui, depuis déjà trois mois, m'est complètement inconnue. L'avantage quand on est «riche» – si on peux appelait ça comme ça – c'est que normalement on n'a pas de mal à se faire de nouveaux amis dans un nouvel endroit... Oui, j'ai bien dis NORMALEMENT ! Car pour moi, cette règle de vie ne s'appliquait pas ! Plus que deux immenses jours avant la rentrée. Plus que deux immenses jours avant de retrouver cette torture de marcher seule dans les couloirs du lycée, ou d'être seule à la table de la cantine, à manger en tête à tête avec moi-même...
Je descendis donc les escaliers, encore à moitié endormis par cette nuit mouvementée, pour me rendre à la cuisine. Sur le plan de travail, se trouvait une lettre adressée à ma mère. Cette envie de l'ouvrir et de la lire me submergea. Les lettres qu'elle recevait étaient toutes autant mystérieuses les unes que les autres. D'une main tremblante et sans lâcher des yeux ce courrier, je pris une tasse et me servis du thé. Rien que de sentir cette arôme, ça m'apaise... C'en ai presque une drogue ! L'odeur du thé chaud est la seule chose qui me transporte dans un monde meilleur, une vie nouvelle, là où tout ces secrets de famille n'existent plus, là où personne ne me ment. Ah ! C'est si beau de rêver ! Ça ne tiendrais qu'à moi, je resterai tout le temps dans mon lit, sous ma couette chaude et confortable.
Une fois avoir sentis et bu mon thé, j'allai dans la cuisine. Mes yeux s'arrêtèrent de nouveaux sur cette lettre... On aurait dit qu'elle m'appelait. Comme si une petite voix au plus profond de ma tête s'était réveillée et me disait d'aller lire ce qu'il y avait écrit à l'intérieur. Sans m'en rendre compte, je me diriger en direction du plan de travail où celle-ci s'y trouvait. Le bout de mes doigts effleurèrent le papier. Il était si doux... Il avait l'air d'être ancien, un peu jauni, et avait une odeur étrange. Mes doigts s'enroulèrent autour de la lettre puis j'ouvris le dessus – ou plutôt le déchirai. J'en sortis un bout de papier mal coupé. Celui-ci n'était pas jauni, juste arracher d'un cahier à carreaux. Au centre était écris :
«Il faut partir, quittez la ville.»
Cette fois je ne mis pas autant de temps à comprendre ce que cela signifiait. Je me repassais toutes les lettres qui avait été envoyées à ma mère et tout ce qu'elles contenaient. La vérité... oui, pas la peine de me la dire, je l'ai compris toute seule...
***
C'était bien la première fois que j'ai pu faire ce dont j'ai toujours rêvé de faire : passer toute la journée dans mon lit, sous ma couette. C'était la première fois aussi que je dormis aussi longtemps. Il était 19H58 exactement et le claquement de la porte d'entrée me fit réveiller en sursaut. Je reconnu tout de suite ma mère. Le bruit de ses talons aiguilles raisonnaient dans toute la maison. Quelques minutes passèrent puis je l'entendis monter les escaliers mais avec une énergie presque inexistante... Je m'enfouis dans mon lit quand je compris qu'elle montait me voir.
Le silence était à son comble quand elle poussa délicatement la porte de ma chambre. Je la sentais se rapprocher de moi mais cela me semblait si lent... Impatiente de savoir ce qu'elle allait me dire, je sortis la tête.
-_On déménage c'est ça ?Elle semblait surprise et déstabilisée par ma question. Si bien qu'elle mit un certain temps à me répondre. Sans doute cherchait-elle ses mots pour ne pas me faire de peine ou bien causer ma future colère comme toutes les autres fois.
-_Je suis désolé... finit-elle par lâcher.
Je sais que ça fait plusieurs fois que tu lis des lettres de ce genre. Je ne peux répondre aux questions que tu te poses...Quelques minutes passèrent avant qu'elle finisse par ajouter :
-_On part demain.Sur ces dernières paroles, elle quitta ma chambre en remettant exactement la porte comme elle était à son arrivée. Je me ré-allongea sur mon lit. Cela ne faisait que trois mois que j'habitais dans cette immense maison et me voilà repartie à nouveaux. Depuis la mort de mon père, ma mère ne fait que recevoir du courrier en anonyme disant toujours des choses auxquelles elle ne veut rien m'expliquer. Elle me dit toujours «Moins tu en sais, mieux c'est.». Je m'y suis habituée avec le temps – de toute façon, j'y suis forcée.
Je me remis sur pied après quelques minutes et me dirigeai vers mon – énorme – placard. Sur l'étagère du haut, ce trouvait les sacs dans lesquels je mettais mes affaires à chaque fois que j'étais obligée de suivre ma mère dans de nouvelles villes. J'en attrapais un et l'ouvris. Et comme toujours, je vidée les étagères qui avaient dus supporter le poids de mes habits pendant quelques mois seulement.
Les premiers rayons de soleil pénétrèrent à travers mes volets à moitié fermés, il était 7H56 et je n'avais plus du tout envie de dormir. Mes sacs n'étaient plus dans ma chambre – ma mère avait dû les prendre hier soir sans que je ne m'en rende compte. Ma chambre était vide, il n'y avait même plus ma lampe de chevet et mon réveil, mes photos dans leurs cadres et même mes affaires de cours que j'étais censée prendre demain pour la rentrée... Il restait seulement le lit dans lequel j'étais allongée et mon téléphone portable sous mon oreiller A part ça... plus rien ! Je me levais, comme tout les autres matins, avec un désespoir graver au plus profond de moi. Quand je descendis les escaliers, à ma grande surprise, ma mère n'était pas là. Certainement pas réveillée non plus car ses sacs – et les miens – étaient toujours dans l'entrée. Je marchais dans la cuisine. Le carrelage sous mes pieds nus était si froid qu'un frisson me traversa tout le corps. Les placards étaient tous vides et fermés. La maison me paraissait encore plus grande que la veille... J'entendis ma mère descendre les escaliers et attraper nos affaires si vite que je n'eus même pas le temps de lui dire bonjour. Elle semblait si pressée de partir... c'était la première fois que je la voyais comme ça. La porte d'entrée resta entre-ouverte derrière elle et quelques secondes après, elle revint et s'assit en face de moi.
-_Dépêche-toi de finir ton petit déjeuner... la route va être longue.-_Je fais comme je peux ! Lui répondis-je presque d'un ton de reproche.
-_D'accord... je t'attends dans la voiture dans ce cas.Elle me semblait si différente... Je n'avais plus l'impression de parler à ma mère. Comme si... comme si quelque chose de grave était en train de ce passer. Mais ce n'est pas la première fois qu'on quitte tout du jour au lendemain. J'avais fini de manger, je me levai de ma chaise, attrapai mon sac puis sortis de la maison. Arrivée devant la portière de la voiture, je l'ouvris puis montai à l'intérieur.
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